Atelier Buissonnier

Atelier d'écriture de la Porte des Maures

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Le code des verts

Quatre pour quatre... Saison 3 par Alhazen

 

  • Sur cette main secourable, je vous prie à deux mains
    Loin de moi l'idée de critiquer, mais sur le coeur ma main
    Saura vous dire mon tourment, cette injuste cabale montée en sous-main
    Croyez-moi, je ne cacherai rien, quitte sur le code à lever ma main.
    - J'ai eu connaissance de votre histoire, ne la renvoyons pas au lendemain
    Et toute affaire cessante, vous accorde son juste examen
    Car du code des verts je suis l'unique garant, mais il convient en toute chose de rester humain.
    À lire le procès il semble que de couleur il est fait mention sur le parchemin.
    - Injuste querelle, je connais trop bien les usages et ne suis plus un gamin
    On me jalouse, et de non respect d'une couleur faite main
    On m'accuse, on me traine dans la boue, mais je ne suivrai pas le même chemin !
    Je resterai droit et serein et point ne tremblera ma main
    - Pourtant il est fait mention, je l'ai là sous la main !
    "Par usage incongru d'une teinte horrifique et sacrilège d'hormin
    Il osa troubler l'ordre et le respect des couleurs sur un essuie main."
    Cela ne peut s'évacuer en un tournemain ?

 


Si fait ! pourtant voyez comme j'en respecte les obligations
Ici je comparai en habits simples mais d'une juste teinte marron
Celle de la terre où je vis dans de bien modestes conditions.
On dit aussi que de la chasse j'ai eu quelques mauvaises intentions !
- Cela est louable, du vert sale, non académique et du marron vous avez l'autorisation
Mais on indique que d'un cerf antique vous avez osé la représentation !
La bête ayant disparu, il est juste de se poser la question
D'apprendre, outre la chasse honnie, d'où vient votre inspiration ?
- À cette question, il m'est simple de répondre "tradition"
De ces bêtes, nos veillées en faisait chaque soir, autrefois, mention,
Car l'interdiction de les chasser en signa leur juste disparition
Ayant goulument anéanti des forêts leur nécesaire alimentation.
- Acceptons là, l'effet du conte populaire comme solution
Et de votre sens artistique, sans doute exemplaire, dans cette représentation
Nous noterons pour ce cerf, riche de bois, votre volonté d'user de la couleur terre comme évidente ambition
Et d'honorer nos principes de récupération avec de multiples engrenages et boulons.

 

Je vous sied gré d'avoir remarqué le soin que je prends du code des verts
À respecter la lettre et le sens sans faire aucun commentaire
Mais de mon hormin il reste à éclaircir, si ce n'est la couleur du moins l'affaire
Car de toujours être taxé d'hérétique je désespère !
- Convenez que le bleu d'hormin, savamment nommé, n'a d'usage que pour les pairs
Ces esprits éthérés pouvant entendre la musique des sphères,
Et saisir les subtilités des cinquante nuances de verts
Déclinées entre le vert d'eau et le vert tige, cela est clair.
- Et rafraichissant, cela s'entend, mais en l'occurrence pour mon affaire
C'est d'un arc en ciel qu'est venue la symphonie, sans doute le chant de Gaïa, déesse mère
Ce n'est point d'hormin mais de lavandin, issu du vert bleu du plant mis en terre
Que je fus teint et qui a nécessité que je m'en lave les mains, cela me semble clair.
- L'explication n'est point dénuée de sens et ne contredit pas l'esprit de la loi ni ne l'altère
Il convient cependant d'y ajouter un amendement supplémentaire
Après le ver d'eau, le vert tige, le vert de terre, le vert lavandin sera adopté comme nouvel auxilliaire
Mais il ne sera en usage qu'en été, à la campagne, et par temps d'orage, mon sceau en assure ainsi votre droit de propriétaire.

 

- Voilà qui me rend redevable de votre intelligence et noble sagesse
Et évitera désormais que l'on m'agresse
Vous me voyez très fier d'avoir ainsi, sans faiblesse,
Osé venir quémander justice auprès de votre altesse.
- Sachez que le code des verts augmente sans cesse
Et n'admettra jamais qu'on le transgresse
Chaque jour apporte son lot de bassesses
Souhaitant nous apporter quelque détresse !
- Du vert lavandin j'ai quelque idée qui me caresse
Car, par juste raison, il conviendrait qu'on le connaisse
Pour glorifier du code l'aimable délicatesse.
De son commerce pourrais-je en être l'unique dépositaire en l'espèce ?
- Il va de soi que vous en êtes l'inventeur, je le confesse
De ce codicille, en droit et commerce que l'on vous reconnaisse
Et vous permette d'acquérir désormais quelque richesse
Sur laquelle taxes nous prendrons pour remplir notre tiroir-caisse.


Publié le : Mardi 02 novembre 2021 @ 13:25:11

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